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		<title>GENOCOST : notre quête de reconnaissance exige d&#8217;abord une forte mobilisation nationale</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Aug 2026 14:35:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis plus de trois décennies, la République démocratique du Congo traverse une tragédie humaine dont les blessures restent ouvertes. Des millions de Congolais ont perdu la vie, des populations ont été déplacées, des communautés décimées et des femmes victimes de violences sexuelles massives. Ces atrocités ne relèvent pas seulement de notre mémoire collective : elles [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Depuis plus de trois décennies, la République démocratique du Congo traverse une tragédie humaine dont les blessures restent ouvertes. Des millions de Congolais ont perdu la vie, des populations ont été déplacées, des communautés décimées et des femmes victimes de violences sexuelles massives. Ces atrocités ne relèvent pas seulement de notre mémoire collective : elles sont documentées par de nombreux rapports, notamment le Rapport Mapping des Nations Unies publié en 2010. La quête de vérité, de justice et de reconnaissance portée aujourd’hui sous le concept de <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-ast-global-color-0-color">GENOCOST</mark> est donc légitime. Elle mérite d’être défendue avec détermination, mais également avec méthode, intelligence et responsabilité.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque la pétition pour la reconnaissance des génocides commis en RDC a été lancée le 2 août, j’ai cependant eu le sentiment que nous avions placé la charrue avant les bœufs. Dans un pays de plus de 100 millions d’habitants, il fallait d’abord préparer les Congolais à comprendre et à s’approprier profondément ce combat. Combien de jeunes, dans nos grandes villes comme dans nos territoires et villages, peuvent aujourd’hui expliquer clairement ce qu’est le GENOCOST, pourquoi cette reconnaissance est recherchée et ce que nous attendons concrètement de la communauté internationale ? Avant de demander une signature, il fallait donner à chacun les éléments nécessaires pour comprendre la portée historique, mémorielle, diplomatique et judiciaire de son geste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des sensibilisations ont certes été organisées et des cérémonies consacrées au GENOCOST ont permis d’entendre des victimes, de rappeler certaines atrocités et d’honorer nos morts. Mais une cérémonie, aussi importante soit-elle, ne suffit pas à construire une conscience nationale. Il fallait une véritable campagne pédagogique dans les universités, les écoles secondaires, les centres de formation, les églises, les entreprises, les administrations, les médias, les associations et jusque dans les milieux ruraux. Il fallait expliquer les massacres documentés, les déplacements, les violences, le Rapport Mapping et, surtout, les objectifs poursuivis : <strong>vérité historique, reconnaissance, justice, établissement des responsabilités, mémoire des victimes, réparation et prévention de nouveaux crimes.</strong> L’émotion entretient la mémoire, mais c’est la compréhension qui construit l’adhésion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car nous devons aussi avoir le courage d’envisager les conséquences d’une mobilisation insuffisante. Imaginons qu’au terme de cette pétition, nous ne parvenions même pas à réunir 10 millions de signatures dans un pays qui compte plusieurs dizaines de millions d’adultes. Quelle image cela donnerait-il devant les instances internationales auxquelles nous demandons justement de reconnaître l’ampleur de notre tragédie ? Une faible mobilisation ne remettrait évidemment pas en cause la réalité des crimes ni la souffrance des victimes. Mais diplomatiquement, elle pourrait être interprétée comme le signe d’une faible appropriation nationale du combat. Nous risquerions ainsi de créer nous-mêmes une faiblesse dans une cause dont la légitimité mérite, au contraire, une mobilisation populaire massive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le GENOCOST ne doit donc être ni le combat de la Première Dame, ni celui du Président de la République, ni celui d’un ministre, ni celui du Gouvernement. <strong>Il doit être le combat de la République et de toute la nation congolaise.</strong> Les autorités ont la responsabilité de l’impulser et de le porter devant les institutions régionales et internationales, mais elles doivent surtout permettre au peuple de se l’approprier. Un étudiant de Kinshasa, un élève de Bukavu, un jeune de Kisangani, Goma, Bunia, Kananga ou Lubumbashi, comme un citoyen vivant dans le territoire le plus éloigné, devrait comprendre ce que nous demandons au monde : reconnaître les crimes commis sur notre territoire, établir les responsabilités, honorer les victimes, faire progresser la justice et empêcher que de telles atrocités ne se reproduisent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est encore temps de donner à cette pétition la dimension nationale qu’elle mérite. Transformons nos écoles, nos universités, nos églises, nos médias, nos milieux professionnels, nos villages et notre diaspora en espaces d’explication et de mobilisation. <strong>Ne détruisons pas par la précipitation un combat aussi noble.</strong> Notre douleur mérite mieux qu’une mobilisation circonstancielle ; notre mémoire mérite une stratégie et nos victimes méritent une nation consciente et unie. Avant de demander au monde de reconnaître notre tragédie, faisons en sorte que les Congolais eux-mêmes comprennent profondément pourquoi ils se battent pour cette reconnaissance. Alors, cette pétition ne sera plus une simple accumulation de signatures : <strong>elle deviendra véritablement la voix d’un peuple. Hommage à nos âmes perdues.</strong></p>
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